42 International Journal of Cultic Studies Vol. 4, 2013
à domicile.12 Il s’agit bien sûr d’observer si
l’enfant vit un isolement (social et géographique,
communauté fermée), mais aussi, ce que
Derocher appelle l’isolation, c’est-à-dire une
séparation symbolique doctrinale, internalisée
par l’individu qui vit dans le monde (Derocher,
2008).
Cette dimension, particulièrement invisible, est
pourtant fondamentale et active. Elle nécessite
un approfondissement de la carte conceptuelle
véhiculée par la pédagogie et la philosophie de
l’établissement et sa concrétisation.
En effet, un dernier aspect devrait attirer
l’attention du professionnel expert :la doctrine
comme élément de construction du monde de
l’enfant. Par exemple, la MILS (2000)
s’interrogeait sur l’exercice d’un contrôle
pédagogique sans l’appréhension de ses
référents, notamment éthiques et doctrinaux. Le
rapporteur du Collège Daniel se questionnait
aussi justement :« sans doute est-ce là que des
contrôles spécialisés par matières permettraient
d’y voir plus clair quant à d’éventuelles
dérives ». De même, une psychologue scolaire
conclut son observation ainsi :« la question
majeure, outre celle des apprentissages et des
acquis, reste celle de la représentation mentale
que se fait l'enfant de son école, du monde
scolaire traditionnel, de son désir d'être inséré ou
pas dans cette scolarité et de son adaptabilité en
fin de parcours s'il présente des difficultés. Tout
dépend de ce qui l'a amené ici et de ce qui est la
projection parentale de l'avenir de l'enfant. Le
point positif semble être l'écoute singulière de la
famille et de l'enfant, l'aspect restrictif ne réside-
t-il pas dans la construction d'une image idéale
pour tous ?» (CAMINAREM, p. 3).
Ces questions sont pertinentes et essentielles. Il
ne s’agit pas d'étudier le bien-fondé, les
particularités ou la rationalité d’une philosophie
ou d’une croyance (liberté de religion). La
doctrine doit être interrogée ici, non pour ce
qu’elle dit de ses récits, mais pour comprendre
son univers métaphorique et ses représentations
(Luca &Lenoir, 1998), nous dirions la carte
conceptuelle du mouvement (Van der Maren,
1996). Cette carte conceptuelle « pénètre
12 Nous sommes conscients que, malheureusement, cet outil
pertinent et efficient est insuffisamment exploité par les maires.
profondément des aspects aussi divers que les
relations avec la famille, les concepts éducatifs,
l’instruction, des choix culturels, des interdits
sportifs, alimentaires ou médicaux. Elle ne
s'appuie pas sur des arguments culturels ou
médicaux, mais sur l’interprétation dogmatique
de dirigeants-référents » (Radigois, 2011, p.
286).
Ce sont donc les éventuels troubles
cindynogènes émanant d’une carte conceptuelle
qu’il convient d’interroger. En explorant les
visions du monde du pédagogue et de la
pédagogie dispensée, El Mountacir (2006)
donne sens et féconde son analyse. S’il
n’apparaît pas de conséquence nocive, le
questionnement ne relève pas plus de
l'Éducation nationale que des services médico-
socio-éducatifs.
Nous pourrions concentrer nos conclusions en
nous appuyant sur trois points :
A–La personne-ressource de l’institution dont
nous avons parlé devrait pouvoir répondre à la
demande d'informations « actualisées » sur les
mouvements et leur carte conceptuelle ou celle
de l'inventeur de la pédagogie observée, et ce à
titre de soutien informatif et d'appui technique à
l'intervenant, sans se substituer à l'inspecteur
compétent pour les visites et le suivi d’un
établissement (application du droit commun).
B–La formation complémentaire à proposer aux
inspecteurs (processus de dérives, construction
de critère d'évaluation, biais méthodologiques)
devrait permettre d’apprendre à lire les cartes
conceptuelles :les Témoins de Jéhovah ont pu
prédire vainement une dizaine de fins de monde,
pourtant ce mouvement, selon sa carte
conceptuelle (sa philosophie) ne risque pas de
fomenter un suicide collectif !Les formations
devraient aussi apprendre au professionnel à ne
pas s’engager sur des arguments religieux (réels
ou non), en discutant leur validité ou en refusant
de les aborder, pour se centrer sur les seuls
objectifs de la mission qui lui a été confiée :les
conditions d’instruction et d’éducation, dans le
respect des Droits de l’enfant.
C–Le rapport d’expertise réalisé par les
inspecteurs acquiert alors toute son importance
pour la compréhension de la situation, la
à domicile.12 Il s’agit bien sûr d’observer si
l’enfant vit un isolement (social et géographique,
communauté fermée), mais aussi, ce que
Derocher appelle l’isolation, c’est-à-dire une
séparation symbolique doctrinale, internalisée
par l’individu qui vit dans le monde (Derocher,
2008).
Cette dimension, particulièrement invisible, est
pourtant fondamentale et active. Elle nécessite
un approfondissement de la carte conceptuelle
véhiculée par la pédagogie et la philosophie de
l’établissement et sa concrétisation.
En effet, un dernier aspect devrait attirer
l’attention du professionnel expert :la doctrine
comme élément de construction du monde de
l’enfant. Par exemple, la MILS (2000)
s’interrogeait sur l’exercice d’un contrôle
pédagogique sans l’appréhension de ses
référents, notamment éthiques et doctrinaux. Le
rapporteur du Collège Daniel se questionnait
aussi justement :« sans doute est-ce là que des
contrôles spécialisés par matières permettraient
d’y voir plus clair quant à d’éventuelles
dérives ». De même, une psychologue scolaire
conclut son observation ainsi :« la question
majeure, outre celle des apprentissages et des
acquis, reste celle de la représentation mentale
que se fait l'enfant de son école, du monde
scolaire traditionnel, de son désir d'être inséré ou
pas dans cette scolarité et de son adaptabilité en
fin de parcours s'il présente des difficultés. Tout
dépend de ce qui l'a amené ici et de ce qui est la
projection parentale de l'avenir de l'enfant. Le
point positif semble être l'écoute singulière de la
famille et de l'enfant, l'aspect restrictif ne réside-
t-il pas dans la construction d'une image idéale
pour tous ?» (CAMINAREM, p. 3).
Ces questions sont pertinentes et essentielles. Il
ne s’agit pas d'étudier le bien-fondé, les
particularités ou la rationalité d’une philosophie
ou d’une croyance (liberté de religion). La
doctrine doit être interrogée ici, non pour ce
qu’elle dit de ses récits, mais pour comprendre
son univers métaphorique et ses représentations
(Luca &Lenoir, 1998), nous dirions la carte
conceptuelle du mouvement (Van der Maren,
1996). Cette carte conceptuelle « pénètre
12 Nous sommes conscients que, malheureusement, cet outil
pertinent et efficient est insuffisamment exploité par les maires.
profondément des aspects aussi divers que les
relations avec la famille, les concepts éducatifs,
l’instruction, des choix culturels, des interdits
sportifs, alimentaires ou médicaux. Elle ne
s'appuie pas sur des arguments culturels ou
médicaux, mais sur l’interprétation dogmatique
de dirigeants-référents » (Radigois, 2011, p.
286).
Ce sont donc les éventuels troubles
cindynogènes émanant d’une carte conceptuelle
qu’il convient d’interroger. En explorant les
visions du monde du pédagogue et de la
pédagogie dispensée, El Mountacir (2006)
donne sens et féconde son analyse. S’il
n’apparaît pas de conséquence nocive, le
questionnement ne relève pas plus de
l'Éducation nationale que des services médico-
socio-éducatifs.
Nous pourrions concentrer nos conclusions en
nous appuyant sur trois points :
A–La personne-ressource de l’institution dont
nous avons parlé devrait pouvoir répondre à la
demande d'informations « actualisées » sur les
mouvements et leur carte conceptuelle ou celle
de l'inventeur de la pédagogie observée, et ce à
titre de soutien informatif et d'appui technique à
l'intervenant, sans se substituer à l'inspecteur
compétent pour les visites et le suivi d’un
établissement (application du droit commun).
B–La formation complémentaire à proposer aux
inspecteurs (processus de dérives, construction
de critère d'évaluation, biais méthodologiques)
devrait permettre d’apprendre à lire les cartes
conceptuelles :les Témoins de Jéhovah ont pu
prédire vainement une dizaine de fins de monde,
pourtant ce mouvement, selon sa carte
conceptuelle (sa philosophie) ne risque pas de
fomenter un suicide collectif !Les formations
devraient aussi apprendre au professionnel à ne
pas s’engager sur des arguments religieux (réels
ou non), en discutant leur validité ou en refusant
de les aborder, pour se centrer sur les seuls
objectifs de la mission qui lui a été confiée :les
conditions d’instruction et d’éducation, dans le
respect des Droits de l’enfant.
C–Le rapport d’expertise réalisé par les
inspecteurs acquiert alors toute son importance
pour la compréhension de la situation, la
























































































