International Journal of Cultic Studies Vol. 4, 2013 27
adhérents de treize communautés différentes.
Les sortants ont rapporté cette stratégie
d’absence d’école en France. Les actifs et
sortants avaient inscrit leurs enfants dans trois
des quatre dispositifs d’instructions légales en
France (explicités plus loin) :enseignement
public, enseignement privé sous contrat avec le
Ministère, enseignement à domicile. Aucun
enfant, à une exception près (en l’exemple à
l’étranger), n’avait reçu une instruction en
enseignement privé hors contrat.
La seconde stratégie invite alors à observer les
enseignements et l’éducation des écoles hors
contrats afin de détecter des éléments qui ne
respecteraient pas cette loi française sur
l’instruction.
Dans son rapport 2000, la MILS (qui deviendra
MILIVUDES, en 2002) s’appuie sur un rapport
de l’Éducation nationale du 14 décembre 1999,
relatif au contrôle des écoles Steiner, pour
relever « à l’évidence un constat préoccupant sur
les enseignants », l’affirmation d’un « isolat
culturel », des « étonnements sur l’absence de
vaccination » ou des observations « très critiques
sur des pratiques » ou une séance « la plus
étrange qui nous ait été donnée à voir » (MILS,
2000, p. 57). Ces écoles, parfois appelées aussi
école Waldorf, s'appuient sur la pédagogie de
Rudolf Steiner, fondateur du mouvement
anthroposophique.
Depuis plusieurs années, le Cercle laïque pour la
prévention du sectarisme (CLPS), une ONG
française, s’interroge sur les contenus effectifs
de ces rapports sur des établissements scolaires
privés hors contrat et les solutions préventives et
curatives préconisées éventuellement en matière
de sectarisme.
El Mountacir (2006) a travaillé cette question à
partir de rapports d'inspection d'établissements
hors contrat issus de deux courants de pensée.
Le choix de ces deux courants, purement
pragmatique, correspondait aux seuls documents
transmis par les académies sollicitées. Le
premier courant regarde trois écoles Steiner.
L’auteure y discute du contenu des rapports à
partir de la conception pédagogique et éducative
de Steiner et de la polémique sur la courte durée
de présence sur le terrain des inspecteurs. Le
second courant explore quatre établissements
catholiques intégristes. L’auteure perçoit la
démarche des inspecteurs qui tentent de
comprendre le fonctionnement des institutions
visitées à plusieurs reprises. Elle constate
cependant que les évolutions restent partielles au
regard des changements attendus, malgré une
non-conformité des écoles à la loi de 1998. Elle
conclut en relevant trois points :a) les
démarches pour l'obtention des rapports
d'inspection sont laborieuses, b) si les rapports
sont clairs et documentés pour comprendre
l’idéologie des établissements intégristes, il n’en
est pas de même pour les écoles Steiner cette
volonté n’apparaît pas, c) si les travailleurs
sociaux, les psychologues ou les inspecteurs sont
compétents dans leurs domaines techniques, ils
« sont parfois déroutés lorsqu’ils font une
expertise sur un groupe "sectaire "ou "à
fonctionnement sectaire "» (El Mountacir,
2006).
Il semble donc que la problématique de cet outil
s'inscrit dans le déroulement des visites de
contrôle, dans l'élaboration et l’utilisation des
rapports. C'est pourquoi cet article prolonge
l’étude d'El Mountacir en choisissant un angle
différent :cibler l’outil voulu par le législateur
français et son utilisation. L’article ne discute
donc pas ici des jugements émis par les
rédacteurs sur l’un ou l’autre des établissements
inspectés, ni sur les pédagogies appliquées, ce
qui serait une autre thématique. Il se propose de
questionner la pertinence, la construction et les
types de contenu des rapports au regard des
objectifs demandés et l'efficience de leur
exploitation.
Pour ce faire, nous prendrons trois temps. En
premier lieu, nous observerons la cueillette des
données, autrement dit l’accès à ces documents
(Difficile collecte de données). En droit français,
ces rapports sont des documents administratifs
communicables aux citoyens. Cependant, il
fallut effectuer de nombreuses démarches pour
les obtenir. Il est apparu au fil du temps que la
durée de réception participait de cette recherche.
Nous étudierons ensuite les contenus de cette
documentation et ses modalités pratiques
d’élaboration comme le déroulement de la visite
ou la qualité des intervenants (Analyses des
rapports). Nous discuterons, en troisième temps,
sur les résultats (Discussion). Nous conclurons
Previous Page Next Page