32 International Journal of Cultic Studies Vol. 4, 2013
Soleils, avant 2005). Il en est de même quand le
rapport (Sainte-Anne, 2009) indique en une
demi-page que l’école est en conformité avec ce
qui est attendu de tout établissement scolaire.
L’année suivante, le rapporteur mentionne
seulement que cette école accueille 49 élèves en
4 classes sur un 142 m², avec une salle de
gymnastique de 147 m². Très peu d’écrits
couvrent l’ensemble des points soulevés par la
loi. Par exemple, l’investigation sur l’exercice
de la citoyenneté n'est réellement explorée que
sur la Sainte-Famille (2003).
Ces écrits se présentent sous forme de rapport
administratif, d’un compte-rendu, d’une courte
correspondance au supérieur hiérarchique ou de
simples notes. Dans la suite de cet article, pour
comptabiliser le nombre de pages des documents
sous le format de rapport, nous avons effectué
une correction estimative des pages, à partir du
nombre de caractères d’imprimerie.
Nous observons tout d'abord le rapport synthèse
des écoles Steiner (1999), qui servit la MILS de
référence pour son rapport annuel de 2000. Il
comprend huit pages pour couvrir quatorze
établissements.
Rapport de synthèse des écoles Steiner de
1999
Sa lecture laisse le lecteur indécis. Rappelons-
nous qu’il fallut quatre ans et déployer des
sollicitations au haut niveau de l’État pour
l'obtenir. Ce rapport évoque quatre points :
pédagogie, contrôle sanitaire, locaux et sécurité,
influence sectaire, conclusions. La rédaction
offre trois types d’écrits.
A–La pédagogie comprend trois pages d’extraits
des rapports des diverses écoles visitées sous
forme de récits et d’avis qui ne sont pas discutés
et peu documentés ici. Cependant, cette section
se conclut par deux appréciations :
a) Le projet pédagogique est une déclaration
d’intention (sic) « qui ne trouve pas sa
traduction dans l’enseignement dispensé. […]
La plupart de ces écoles ont été dans
l’impossibilité de présenter les progressions
indispensables pour un enseignement maîtrisé. »
(p. 4, souligné par l’auteur du rapport) b) «
l’enseignement dispensé ne répond pas aux
obligations de la loi. Il repose souvent sur des
enseignants insuffisamment formés et ayant peu
de connaissance de la pédagogie Steiner »(ibid.).
Cette absence de discussion résulte peut-être de
contraintes d’espace imparties au format du
rapport de synthèse. Quoi qu'il en soit, cette
position de conclusions hâtives et peu
argumentées fait perdre de la pertinence à ce
document. La conclusion générale confirme
qu’il y aura d’autres contrôles dans les années à
venir. Nous ne savons pas la suite qui en fût
donnée.
B–Le contrôle sanitaire (3 lignes) et les locaux
et la sécurité (3 lignes) révèlent des besoins de
mises en conformité. Ces points sont traités sous
forme de rappel à la loi, avec mise en demeure.
Il est précisé que les maires et les préfets seront
saisis pour engager des procédures si
nécessaires.
C–L’influence sectaire couvre une page. Tout
d’abord, le rédacteur énonce qu’« aucun élément
ne vient accréditer cette thèse, mais il ne sera
possible de conclure qu’après plusieurs années
d’un suivi attentif » (p. 4). Toutefois, « il n’est
pas surprenant que ces écoles aient pu être
perçues comme proches d’une secte. Une
observation d’eurythmie curative dans l’un des
établissements paraît d’une « analyse fumeuse »
(sic, p. 5). De plus, un rapport (école de
Sorgues) fait état d’un cérémonial avec agitation
de cloche, allumage de bougie, invocation divine
à forte connotation naturaliste récitée
collectivement bras croisés » (p. 5). De même,
continue le rapporteur, « il apparaît un probable
système de fonctionnement pédagogique très
orienté, voire mystique » (p. 5). Il conclut en
écrivant que ces écoles « ne semblent pas relever
d’une secte, certaines, par leurs comportements
ésotériques », créent une confusion susceptible
de séduire un public (p. 5). Notons au passage
que, après avoir obtenu le rapport d'une de ces
écoles, El Mountacir (2006) se pose la question
suivante :« Pourquoi un rapport concernant la
même école et fait à la même date
(14 décembre) ne comporte pas les mêmes
éléments […] ?» Le rapport qui nous fut
transmis comporte trente-sept lignes et se
contente de dire :« l’établissement est fortement
marqué par des rituels de type communautario-
religieux (sic) » (1999, p. 2).
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