International Journal of Cultic Studies Vol. 4, 2013 37
groupes à dérives sectaires (Civade, 2009). Cette
auteure l’explique par une rationalité limitée au
sens de Simon (March, 1991) :a) manque de
temps des ces cadres et un choix parmi leurs
tâches basées sur la sélection des informations
(peu de victimes, peu d’intérêt gouvernemental
sur la question des dérives sectaires) b)
problématique complexe, parfois ressentie dans
un contexte peu sécuritaire c) moyens de
traitement mal identifiés.
Toutefois, dans la situation des rapports
d’inspection des établissements scolaires hors
contrat, il apparaît une nuance contextuelle
importante :le travail est sensé être déjà réalisé
puisque nous ne sollicitons pas une étude à
effectuer, mais la communication d’une
investigation rédigée. Les explications de
Civade doivent être complétées ici. Ces
réticences invitent à penser qu’il n’y a pas de
question sectaire pour l’administration ou plus
exactement qu’elle n’existe que si elle est
désincarnée et théorique. L’institution semble
produire les mêmes stratégies d'évitement que
des institutions médico-socio-éducatives
confrontées à de tels problèmes (Radigois,
2011).
Il serait sans doute pertinent de réfléchir à la
mise en place, au sein de l’institution, d’une
personne-ressource susceptible d’offrir, si
besoin, aux inspecteurs juridiquement
compétents (droit commun) un soutien technique
et informatif en appui de leur intervention lors
de contextes particulièrement atypiques,
étranges ou à dérives sectaires. Il ne s’agit pas
d’un « Monsieur ou Madame Secte » dont la
mobilisation et les limites ont été discutées
ailleurs (Civade, 2009 Radigois, 2011).
Particularités des rapports
Les rapports se caractérisent par une forte
hétérogénéité :rapport, note, compte-rendu,
courrier, information orale. Ils ne se distinguent
pas par l’origine géographique du document, ni
par le type d’écoles inspectées ou leur
appartenance. Un seul facteur
discriminant apparaît résistant :la période de
rédaction.
En effet, les contenus évoluent sur les douze ans.
Nous pouvons les distinguer selon deux périodes
de rédaction. L’accompagnement de la Sainte-
Famille (six visites en quatorze mois, de
novembre 2002 à janvier 2004) pourrait marquer
ce basculement. Sans que cela soit prémédité,
quatorze documents datent de la période 1999–
2004 et quatorze autres de 2005–2012.
A–Sur la première période 1999–2004, la
question d’une classification secte, versus non-
secte est latente. Les conclusions tentent de
trancher ce point, sinon de le poser. Toutefois,
les formulations sont dressées sous forme de
questions, d’hypothèses, mais les propos restent
flous affirmant à la fois que l’établissement
étudié n’est pas tout à fait une secte, mais qu’il
pourrait s’en rapprocher ou en ressembler. Le
commentaire du rapport de synthèse des écoles
Steiner illustre cette situation. Quelques
exemples :a) La visite du Collège Daniel (1999)
s’engage, suite à « suspicion de sectarisme »
(p. 1). Le rédacteur s’interroge alors sur la
systématisation de considérations religieuses de
vision intégriste :« en revanche, je ne dispose
pas d’indices probants permettant d’y voir
l’expression de préoccupations ou d’objectifs
occultes qui seraient de natures sectaires » p. 4).
b) « Même s'il n'est pas possible de confirmer ou
d'infirmer les allégations contenues dans la lettre
anonyme, le fonctionnement déclaré de l'école,
le climat éducatif, les orientations pédagogiques
inquiètent » (Sainte-Famille, 2002, p. 4).
Le rapport de Notre-Dame-de-l’Annonciation
(2004) relève du même processus :« 1°) les
élèves […] ne paraissent pas en danger […] et il
serait hors de propos de parler de manipulation
mentale. 2°) Une forme d'ouverture existe dans
l'établissement […]. En revanche, l'on ne peut
que s'interroger sur le caractère radicalement
désuet de l'école et sur l'aspect figé de son
enseignement ». Le pluralisme est absent dans
les faits, l’accès à la liberté critique ne semble
pas garanti. En conséquence, « si l'école Notre-
Dame-de-l'Annonciation ne correspond pas aux
critères actuels de définition de la secte,
l'enseignement sérieux que les élèves du second
degré y reçoivent relève à certains égards du
sectarisme ». Le commentaire n’aide pas le
lecteur à comprendre en quoi « les critères
actuels de définition de la secte » exclut cette
hypothèse pour l’école, tout en notant que
l’enseignement relève à certains égards du
groupes à dérives sectaires (Civade, 2009). Cette
auteure l’explique par une rationalité limitée au
sens de Simon (March, 1991) :a) manque de
temps des ces cadres et un choix parmi leurs
tâches basées sur la sélection des informations
(peu de victimes, peu d’intérêt gouvernemental
sur la question des dérives sectaires) b)
problématique complexe, parfois ressentie dans
un contexte peu sécuritaire c) moyens de
traitement mal identifiés.
Toutefois, dans la situation des rapports
d’inspection des établissements scolaires hors
contrat, il apparaît une nuance contextuelle
importante :le travail est sensé être déjà réalisé
puisque nous ne sollicitons pas une étude à
effectuer, mais la communication d’une
investigation rédigée. Les explications de
Civade doivent être complétées ici. Ces
réticences invitent à penser qu’il n’y a pas de
question sectaire pour l’administration ou plus
exactement qu’elle n’existe que si elle est
désincarnée et théorique. L’institution semble
produire les mêmes stratégies d'évitement que
des institutions médico-socio-éducatives
confrontées à de tels problèmes (Radigois,
2011).
Il serait sans doute pertinent de réfléchir à la
mise en place, au sein de l’institution, d’une
personne-ressource susceptible d’offrir, si
besoin, aux inspecteurs juridiquement
compétents (droit commun) un soutien technique
et informatif en appui de leur intervention lors
de contextes particulièrement atypiques,
étranges ou à dérives sectaires. Il ne s’agit pas
d’un « Monsieur ou Madame Secte » dont la
mobilisation et les limites ont été discutées
ailleurs (Civade, 2009 Radigois, 2011).
Particularités des rapports
Les rapports se caractérisent par une forte
hétérogénéité :rapport, note, compte-rendu,
courrier, information orale. Ils ne se distinguent
pas par l’origine géographique du document, ni
par le type d’écoles inspectées ou leur
appartenance. Un seul facteur
discriminant apparaît résistant :la période de
rédaction.
En effet, les contenus évoluent sur les douze ans.
Nous pouvons les distinguer selon deux périodes
de rédaction. L’accompagnement de la Sainte-
Famille (six visites en quatorze mois, de
novembre 2002 à janvier 2004) pourrait marquer
ce basculement. Sans que cela soit prémédité,
quatorze documents datent de la période 1999–
2004 et quatorze autres de 2005–2012.
A–Sur la première période 1999–2004, la
question d’une classification secte, versus non-
secte est latente. Les conclusions tentent de
trancher ce point, sinon de le poser. Toutefois,
les formulations sont dressées sous forme de
questions, d’hypothèses, mais les propos restent
flous affirmant à la fois que l’établissement
étudié n’est pas tout à fait une secte, mais qu’il
pourrait s’en rapprocher ou en ressembler. Le
commentaire du rapport de synthèse des écoles
Steiner illustre cette situation. Quelques
exemples :a) La visite du Collège Daniel (1999)
s’engage, suite à « suspicion de sectarisme »
(p. 1). Le rédacteur s’interroge alors sur la
systématisation de considérations religieuses de
vision intégriste :« en revanche, je ne dispose
pas d’indices probants permettant d’y voir
l’expression de préoccupations ou d’objectifs
occultes qui seraient de natures sectaires » p. 4).
b) « Même s'il n'est pas possible de confirmer ou
d'infirmer les allégations contenues dans la lettre
anonyme, le fonctionnement déclaré de l'école,
le climat éducatif, les orientations pédagogiques
inquiètent » (Sainte-Famille, 2002, p. 4).
Le rapport de Notre-Dame-de-l’Annonciation
(2004) relève du même processus :« 1°) les
élèves […] ne paraissent pas en danger […] et il
serait hors de propos de parler de manipulation
mentale. 2°) Une forme d'ouverture existe dans
l'établissement […]. En revanche, l'on ne peut
que s'interroger sur le caractère radicalement
désuet de l'école et sur l'aspect figé de son
enseignement ». Le pluralisme est absent dans
les faits, l’accès à la liberté critique ne semble
pas garanti. En conséquence, « si l'école Notre-
Dame-de-l'Annonciation ne correspond pas aux
critères actuels de définition de la secte,
l'enseignement sérieux que les élèves du second
degré y reçoivent relève à certains égards du
sectarisme ». Le commentaire n’aide pas le
lecteur à comprendre en quoi « les critères
actuels de définition de la secte » exclut cette
hypothèse pour l’école, tout en notant que
l’enseignement relève à certains égards du
























































































