36 International Journal of Cultic Studies Vol. 4, 2013
conformité avec les dispositions réglementaires
dans les différents domaines. [Il exige] une
demande expresse de mise en conformité
immédiate ». Cela inclut la réalisation des issues
de secours, mais aussi les suppressions des
brimades comme le bâillonnement de l’enfant, le
port d’un bonnet d'âne, la ligature des mains ou
la mise en place des enseignements obligatoires.
Cette étape produit des moments de blocages
avec la direction et les enseignants. Un an après,
la dernière visite décrit les protocoles
d’évaluation utilisés par les rapporteurs, à savoir
un entretien individuel avec des enfants dans la
classe en présence des enseignants et des
entretiens avec les enseignants. À travers cette
observation, les pratiques disciplinaires
vexatoires paraissent prohibées, les langues
étrangères ont été introduites, un effort est
réalisé en Éducation physique et sportive. Ce
n'est pas le cas en Techniques d'informations et
de communications et ce, pour des raisons de
coûts, selon la direction. L'inspecteur remarque
cependant que la direction de l’établissement a
été changée et l’équipe enseignante renforcée.
Selon la psychologue scolaire, le comportement
des enfants et leur manière de répondre
correspondent aux comportements ordinaires des
élèves dans tous les établissements.
Concernant cette fois les modalités éducatives,
nous découvrons rarement leurs descriptions et
lorsque c'est le cas, ce point est présenté presque
par hasard. Par exemple :« l'école insiste sur la
discipline, la tenue, le silence et la politesse
(Sainte-Famille, 2002). « Les cahiers que nous
observons sont uniquement le résultat de
nombreux dessins avec de fortes connotations
d'inspiration biblique, une grande valeur étant
accordée à l'harmonie des couleurs. On note
toutefois une forte stéréotypie des dessins de la
classe » (CAMINAREM, p. 2). Cette dernière
phrase invite à un approfondissement.
À Saint-Jean-Bosco (2000), le devoir
d'obéissance et de soumission est prôné. « Les
principes de fonctionnement s'appuient sur une
doctrine résolument passéiste tant en matière
d'éducation que dans le domaine pédagogique.
L'utilisation de procédés pédagogiques d'un
autre âge ne s'appuie, de la part des enseignants,
sur aucune analyse critique didactique, leur
niveau de formation initiale ne laissant guère
d'espoir à ce sujet, mais plutôt sur une approche
dogmatique, entretenue par une "formation
continue" interne reposant sur une approche
fortement modélisante (sic)» (p. 4). « Un de mes
sujets d'inquiétude est la candeur apparente des
deux personnes responsables rencontrées, p.
2) ». Cependant, malgré ces critiques, le
rapporteur n’émet pas de préconisations
pratiques ou de suivis.
Ainsi ces vingt-huit rapports montrent une forte
hétérogénéité. Ils comportent en moyenne deux
pages, rédigés à partir d'une courte visite pour
un tel enjeu, visite parfois inopinée, parfois
programmée. Les thématiques observées sont
diverses et différentes selon les inspecteurs ou le
contexte. L'investigation sur des risques de
dérives sectaires n'apparaît pas dans les écrits, ce
qui ne signifie pas que cette question a été
ignorée. Versus, bien que minoritaire et souvent
esquissé, le souci d'étudier les méthodes
d'instructions et les fondements éducatifs
parcourt quelques rapports.
Discussion
Ces rapports invitent à ouvrir plusieurs
discussions :l’accessibilité de ces rapports, leurs
particularités et les modalités d’intervention :de
la visite d'investigation au rapport d'inspection
proprement dit.
L’accessibilité aux rapports d’inspection
Alors que la CADA émet à chaque fois un avis
favorable, deux demandes sur trois nécessitent
d’engager une procédure près de cette autorité
administrative. Cette observation se rajoute aux
arguties de plusieurs académies retardant la
transmission des documents (délais, demande de
quelques centimes pour photocopie, adresse
inexacte…). Tout se passe comme si, au vu de la
commande de l’État, la densité des pages et
l’intérêt du contenu desdits rapports sont
inversement proportionnels aux délais de
réception :plus le document est riche et
structuré, plus son accès est aisé.
Ces points subodorent soit à une méfiance
institutionnelle à l’égard du citoyen ou soit à une
difficulté à gérer ces sujets. Ils nous renvoient à
d’autres travaux sur les réticences et les
difficultés à joindre les autorités préfectorales
(gouvernementales) françaises chargées des
conformité avec les dispositions réglementaires
dans les différents domaines. [Il exige] une
demande expresse de mise en conformité
immédiate ». Cela inclut la réalisation des issues
de secours, mais aussi les suppressions des
brimades comme le bâillonnement de l’enfant, le
port d’un bonnet d'âne, la ligature des mains ou
la mise en place des enseignements obligatoires.
Cette étape produit des moments de blocages
avec la direction et les enseignants. Un an après,
la dernière visite décrit les protocoles
d’évaluation utilisés par les rapporteurs, à savoir
un entretien individuel avec des enfants dans la
classe en présence des enseignants et des
entretiens avec les enseignants. À travers cette
observation, les pratiques disciplinaires
vexatoires paraissent prohibées, les langues
étrangères ont été introduites, un effort est
réalisé en Éducation physique et sportive. Ce
n'est pas le cas en Techniques d'informations et
de communications et ce, pour des raisons de
coûts, selon la direction. L'inspecteur remarque
cependant que la direction de l’établissement a
été changée et l’équipe enseignante renforcée.
Selon la psychologue scolaire, le comportement
des enfants et leur manière de répondre
correspondent aux comportements ordinaires des
élèves dans tous les établissements.
Concernant cette fois les modalités éducatives,
nous découvrons rarement leurs descriptions et
lorsque c'est le cas, ce point est présenté presque
par hasard. Par exemple :« l'école insiste sur la
discipline, la tenue, le silence et la politesse
(Sainte-Famille, 2002). « Les cahiers que nous
observons sont uniquement le résultat de
nombreux dessins avec de fortes connotations
d'inspiration biblique, une grande valeur étant
accordée à l'harmonie des couleurs. On note
toutefois une forte stéréotypie des dessins de la
classe » (CAMINAREM, p. 2). Cette dernière
phrase invite à un approfondissement.
À Saint-Jean-Bosco (2000), le devoir
d'obéissance et de soumission est prôné. « Les
principes de fonctionnement s'appuient sur une
doctrine résolument passéiste tant en matière
d'éducation que dans le domaine pédagogique.
L'utilisation de procédés pédagogiques d'un
autre âge ne s'appuie, de la part des enseignants,
sur aucune analyse critique didactique, leur
niveau de formation initiale ne laissant guère
d'espoir à ce sujet, mais plutôt sur une approche
dogmatique, entretenue par une "formation
continue" interne reposant sur une approche
fortement modélisante (sic)» (p. 4). « Un de mes
sujets d'inquiétude est la candeur apparente des
deux personnes responsables rencontrées, p.
2) ». Cependant, malgré ces critiques, le
rapporteur n’émet pas de préconisations
pratiques ou de suivis.
Ainsi ces vingt-huit rapports montrent une forte
hétérogénéité. Ils comportent en moyenne deux
pages, rédigés à partir d'une courte visite pour
un tel enjeu, visite parfois inopinée, parfois
programmée. Les thématiques observées sont
diverses et différentes selon les inspecteurs ou le
contexte. L'investigation sur des risques de
dérives sectaires n'apparaît pas dans les écrits, ce
qui ne signifie pas que cette question a été
ignorée. Versus, bien que minoritaire et souvent
esquissé, le souci d'étudier les méthodes
d'instructions et les fondements éducatifs
parcourt quelques rapports.
Discussion
Ces rapports invitent à ouvrir plusieurs
discussions :l’accessibilité de ces rapports, leurs
particularités et les modalités d’intervention :de
la visite d'investigation au rapport d'inspection
proprement dit.
L’accessibilité aux rapports d’inspection
Alors que la CADA émet à chaque fois un avis
favorable, deux demandes sur trois nécessitent
d’engager une procédure près de cette autorité
administrative. Cette observation se rajoute aux
arguties de plusieurs académies retardant la
transmission des documents (délais, demande de
quelques centimes pour photocopie, adresse
inexacte…). Tout se passe comme si, au vu de la
commande de l’État, la densité des pages et
l’intérêt du contenu desdits rapports sont
inversement proportionnels aux délais de
réception :plus le document est riche et
structuré, plus son accès est aisé.
Ces points subodorent soit à une méfiance
institutionnelle à l’égard du citoyen ou soit à une
difficulté à gérer ces sujets. Ils nous renvoient à
d’autres travaux sur les réticences et les
difficultés à joindre les autorités préfectorales
(gouvernementales) françaises chargées des
























































































