International Journal of Cultic Studies Vol. 4, 2013 35
Notre-Dame-de-Joie « respecte dans les grandes
lignes les prescriptions éducatives de la loi de
2005 à quelques nuances et différences
décrites ». Parmi ces nuances, la mixité n'est pas
admise, le calendrier scolaire est calqué sur le
rythme religieux et les congés hedomadaires
sont fixés au jeudi et non au mercredi comme
cela se pratique habituellement dans les écoles
de France depuis 1972.
Au Colibri, la direction possède les compétences
et les diplômes requis pour exercer ces
responsabilités et toutes les matières enseignées
sont conformes aux obligations scolaires. À
Saint-Thomas-d’Aquin, les enseignants-laïcs
sont titulaires de masters ou de CAPES et, parmi
les religieuses, sept possèdent un titre
d’ingénieur ou une maîtrise, dix, une licence,
quatre un DEUG et sept un baccalauréat.9 Selon
les deux inspecteurs, les disciplines sont
proposées d'après les quotités horaires proches
des obligations et l’enseignement des langues
anciennes est privilégié. Cependant, les savoirs
fondamentaux correspondent aux exigences de
la loi.
Dans la seconde situation, l’environnement
institutionnel et pédagogique paraît inapproprié
et occasionne des inquiétudes.
Ainsi (CAMINAREM, p. 2), « il est certain que
ces élèves sont [en lecture] tous en deçà des
compétences attendues en fin de cycle 2 ». Le
rapport poursuit :« l'absence totale de manuels,
mais aussi d'albums de littérature enfantine,
nous interroge. » « Les approches
mathématiques de la numération se limitent à
quelques chiffres de 1 à 10, aucune situation
problème n'est visible. »
Le document de trente-sept lignes de Sorgues
(1999) révèle une absence d'apprentissage de la
lecture et des mathématiques. Il indique
l'absence de planification de progression des
apprentissages sur les trois premiers niveaux,
bien que les niveaux supérieurs maîtrisent les
compétences de la langue. De même, il regrette
9 ll s’agit des diplômes universitaires des enseignants :
CAPES (certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du
second degré) deux ans la licence certifie les capacité
d’enseignement en collège et lycée maîtrise, ancien diplôme
équivalent à master moins un an DEUG (Diplôme
d’Enseignement Universitaire Général), un an avant la licence.
le manque d'exploration des domaines
historiques, géographiques et scientifiques. Dans
aucune des classes, le développement de l'esprit
critique et de l'argumentation n’est travaillé. El
Mountacir (2006) constatera six ans plus tard les
mêmes lacunes.
Autre exemple, au collège Daniel (1999), les
disciplines scolaires sont abordées « dans une
perspective chrétienne sur la base des
programmes officiels. Sans doute est-ce que
des contrôles spécialisés par matières
permettraient d’y voir plus clair quant à
d’éventuelles dérives. Le collège affiche
toutefois sa volonté de ne pas
commettre « d’impasse sur des sujets » dans la
mesure il entend préparer ses élèves au brevet
des collèges… » (p. 2).
Enfin, dans la dernière situation, des évolutions
apparaissent lorsque le suivi pédagogique, une
demande de mise en conformité des locaux, des
éléments de sécurité ou encore le profil de la
direction de l’établissement sont abordés et
travaillés.
En 2002, par exemple, l’inspection de la section
primaire du collège Daniel confirme qu’une
littérature jeunesse contemporaine, réclamée en
1999, est désormais proposée aux élèves.
De même, la classe supérieure de la Ferme des
Enfants montre des signes d’évolution lors d’un
second contrôle en 2007. En 2008, puis 2009, de
nouvelles évolutions sont confirmées. En 2011,
les recommandations émises sont appliquées. La
socialisation et l’épanouissement des élèves
progressent. L’aide personnalisée demeure le
seul point faible et l’inspecteur exige qu’il y soit
remédié sous deux mois.
L’exemple de la Sainte-Famille est
particulièrement intéressant à observer à travers
les six inspections sur quatorze mois. Au début,
le climat éducatif, les orientations pédagogiques
inquiètent l’inspecteur. Les enseignants sont peu
ou insuffisamment diplômés. Le programme
officiel d’enseignement du primaire est
méconnu. Il n’apparaît pas d’objectifs sur les
acquisitions de connaissances, ni de carnet
individuel de suivis dans la petite classe. Dès le
second rapport, deux mois plus tard, l’inspecteur
insiste sur « le constat des carences et la non-
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