International Journal of Cultic Studies Vol. 4, 2013 41
et surtout le degré de dangerosité sont
insuffisamment documentés.
Nous avons relevé la remarque du rédacteur de
Notre-Dame-de-l’Annonciation (2004) qui
considérait que l’école n’était pas une secte
selon les critères actuels non définis, mais qui
dispensait un enseignement relevant du
sectarisme. Le même rapport explique que
l’enseignement est tout à fait satisfaisant, mais
très orienté idéologiquement sur une vision
traditionaliste et particulièrement dans les corpus
littéraires et philosophiques :« Ces opinions
caractérisent depuis longtemps l'extrême droite
française, mais on n'a pas relevé dans les
classeurs de propos délictueux, qui tomberaient
sous le coup de la loi. Par exemple, un devoir
d'élève en histoire peut être pétainiste, sans
exprimer pour autant d'antisémitisme, et la
professeure est extrêmement prudente dans les
appréciations portées sur ledit devoir » (p. 2).
Cette citation montre les limites d’un
approfondissement lors d’une visite d’une demi-
journée, surtout si elle est unique, et elle pointe
les indéterminations qui traversent l’inspecteur.
Les suites des rapports font plus ou moins
défaut. Le rédacteur du Collège Daniel
s’interrogeait avec pertinence sur le besoin
d’approfondir les matières enseignées pour y
voir plus clair sur d’éventuelles dérives. En
2002, nous ne savons pas si des investigations
ont été conduites, mais le rédacteur note que la
lecture fondamentaliste et littérale de la Bible se
déroule au détriment de l’esprit et de
l’interprétation, inspirant les choix pédagogiques
concernant l’apprentissage de la lecture.
Toutefois, les discours récents indiqueraient des
ouvertures vers le contrôle des acquis et de la
littérature actuelle. Un suivi s’effectue
cependant ici. Versus, les lacunes
d’apprentissages de la lecture ou des
mathématiques observées à Sorgues en 1999,
toujours présentes en 2006 (El Mountacir, 2006)
ont-elles été corrigées depuis ?Si oui, comment
ces corrections ont-elles été vérifiées et
évaluées ?
Même lors de suivis particulièrement élaborés,
des méthodes d’investigations semblent
insuffisamment explicitées. Ainsi, lorsque la
direction d’un établissement refuse que le
psychologue scolaire entende les enfants,
notamment sur des procédures disciplinaires qui
pourraient être abusives (Sainte-Famille, 2003),
la visite suivante, deux mois après, permet à ce
psychologue de s’entretenir avec les enfants, en
groupe dans la classe et devant les enseignants.
Cette négociation fut sans doute fort
appropriée au contexte. Toutefois, il aurait été
intéressant d’en connaître les argumentations à
la fois pour les suites éventuelles et comme
méthode reproductible, notamment pour la
qualité du travail effectué ici.
C'est pourquoi nous suggérons de renforcer le
rôle et l’expertise des inspecteurs. Au-delà d’un
échange pédagogique ou d’une analyse de
pratique d'enseignants, il est appelé ici à faire
oeuvre d’expertise.
Afin de limiter les biais inévitables dont nous
avons parlé, ne pourrait-on pas inviter les
inspecteurs à construire un véritable rapport
d’expertise, expertise qu'ils ont acquise au
regard de leurs compétences et expériences sur
l’instruction, la pédagogie et le fonctionnement
des établissements scolaires ?Un tel travail ne
s’effectue pas en une ou quatre heures de visites
et devrait nécessiter largement plus de temps et
d'entretiens, de vérifications des acquisitions des
connaissances, de l’esprit critique et civique. Le
document final devrait être largement plus
conséquent pour permettre le recul, l’évaluation,
la discussion entre pairs, voire le dialogue avec
les responsables de l’établissement visité, ainsi
que des recommandations avec leurs calendriers.
De ce fait, les rapports pourraient couvrir la
commande de l’État, les modalités de contacts
(les choix retenus, les conditions), la durée de
l’expertise, les personnes rencontrées et le
déroulement des rencontres, un état des lieux
factuels des sujets explorés, les lectures
accomplies et les procédés d’investigations, des
analyses, des suggestions et des préconisations
précises, discutées et programmées.
L’opportunité d’une telle visite experte, ne
devrait-elle pas aussi explorer plusieurs points
peu abordés dans les écrits communiqués. La
question de la socialisation des enfants à
l’intérieur et à l’extérieur prend une grande
acuité. Elle est questionnée lors de l’enquête
sociale du maire dans une situation d’instruction
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